• Déclaration de Boeing à propos de l’alarme lumineuse « AOA Disagree »

    le 5 mai 2019 - Sur tous les avions que nous livrons à nos clients — y compris sur le 737 MAX —, toutes les données et informations de vol nécessaires à leur exploitation en toute sécurité sont affichées dans le cockpit, sur les écrans primaires du poste de pilotage. Ces informations sont présentées en permanence dans le champ de vision primaire des pilotes, comme elles l’ont toujours été.

    En conditions de vol normales, la vitesse air, l’assiette, l’altitude, la vitesse ascensionnelle, le cap et la puissance des moteurs sont les principaux paramètres utilisés par les membres d’équipage pour piloter un avion en toute sécurité. L’indicateur de décrochage (stick shaker) et l’indicateur de limite d’assiette (Pitch Limit Indicator — PLI) sont les principales caractéristiques utilisées pour piloter un avion lorsque l’angle d’incidence est élevé. Toutes les actions recommandées aux pilotes, les listes de contrôle et les formations reposent sur ces indicateurs primaires. Ni l’alarme lumineuse AOA Disagree, ni l’indicateur d’incidence (AOA indicator) ne sont nécessaires pour piloter un avion en toute sécurité. Ces organes fournissent uniquement des renseignements complémentaires, et n’ont jamais été considérés comme des fonctions de sécurité sur les avions à réaction commerciaux.

    Les exigences de conception définies par Boeing pour le 737 MAX ont inclus l’alarme AOA Disagree en tant que fonction autonome standard, conformément à la philosophie de conception fondamentale du Groupe et dans le but de préserver la communalité de cet appareil avec le 737 Nouvelle Génération (NG). En 2017, quelques mois après que les premières livraisons du 737 MAX, les ingénieurs de Boeing ont constaté que le logiciel du système d’affichage de l’appareil ne répondait pas correctement aux exigences associées à l’alarme AOA Disagree. En effet, le logiciel livré à Boeing reliait l’alarme AOA Disagree à l’indicateur d’incidence (AOA indicator), une fonctionnalité optionnelle sur les Boeing MAX et NG. En conséquence, le logiciel activait l’alarme AOA Disagree exclusivement si la compagnie aérienne avait acquis l’option AOA Indicator.

    Après avoir identifié la divergence entre ses exigences et le fonctionnement du logiciel, Boeing a appliqué sa procédure standard mise en œuvre pour déterminer la façon appropriée de résoudre ce type de problème. Cette étude, à laquelle ont pris part de nombreux experts du Groupe, a permis de déterminer que l’absence d’alarme AOA Disagree n’avait aucun impact négatif sur le fonctionnement ou la sécurité de l’appareil. Selon les conclusions de l’étude, la fonctionnalité existante était acceptable jusqu’à ce que l’alarme et l’indicateur puissent être dissociés lors de la prochaine mise à jour prévue du logiciel d’affichage. Les membres de la haute direction du Groupe n’ont pas participé à cette revue et ont pris pour la première fois connaissance de ce problème à la suite de l’accident qui a touché le vol de Lion Air.

    Le 6 novembre 2018, une semaine environ après l’accident du vol Lion Air, Boeing a publié un bulletin OMB (Operations Manual Bulletin), suivi le lendemain par la publication, par l’Administration fédérale de l’aviation américaine (FAA), d’une consigne de navigabilité (AD — Airworthiness Directive). En identifiant l’alarme AOA Disagree comme l’un des nombreux éléments pouvant découler de l’indication d’un angle d’incidence erroné, le bulletin OMB et la consigne de navigabilité ont décrit la fonction d’alarme AOA Disagree comme étant exclusivement disponible si l’option AOA Indicator est installée.

    Boeing et la FAA ont étudié conjointement la situation de l’alarme AOA Disagree à la suite de l’accident de Lion Air. Boeing a alors informé la FAA que ses ingénieurs avaient identifié le problème logiciel en 2017 et qu’ils avaient déterminé, selon le processus standard appliqué par Boeing, que le problème n’avait pas d’impact négatif sur le fonctionnement de l’avion, ni sur sa sécurité. En décembre 2018, Boeing a formé le Safety Review Board (SRB), un Conseil chargé d’étudier les questions de sécurité, dans le but de vérifier une nouvelle fois si l’absence d’alarme AOA Disagree sur certains écrans de vol du 737 MAX constituait un problème de sécurité. Le SRB a confirmé la conclusion à laquelle Boeing était parvenu précédemment, ainsi que l’absence d’impact sur la sécurité. Boeing a transmis cette information et l’analyse du SRB à la FAA.

    Boeing procède actuellement à la mise à jour du logiciel d’affichage afin de déployer l’alarme AOA Disagree en tant que fonctionnalité autonome standard en amont de la remise en service du 737 MAX. Lorsqu’ils seront de nouveau en service, tous les avions de la série MAX disposeront d’une alarme AOA Disagree activée et opérationnelle, ainsi que d’un indicateur d’incidence en option. Toutes les compagnies ayant déjà pris livraison d’avions 737 MAX auront la possibilité d’activer l’alarme lumineuse AOA Disagree.